# Installer un routeur solaire pour chauffe-eau et réduire sa facture

L’autoconsommation photovoltaïque transforme radicalement la manière dont les ménages gèrent leur consommation énergétique. Pourtant, la majorité des installations solaires domestiques ne valorisent qu’une fraction de leur production réelle. Le surplus d’électricité généré pendant les heures d’ensoleillement repart vers le réseau à un tarif dérisoire, alors qu’il pourrait alimenter vos équipements les plus énergivores. Le chauffe-eau électrique, responsable de 10 à 15% de la facture énergétique moyenne d’un foyer, représente une opportunité idéale pour maximiser cette autoconsommation. L’installation d’un routeur solaire dédié permet justement de capter ce précieux surplus et de l’orienter intelligemment vers la résistance de votre ballon d’eau chaude, transformant ainsi une dépense contrainte en économie substantielle.

Fonctionnement technique du routeur solaire photovoltaïque pour chauffe-eau électrique

Le principe fondamental d’un routeur solaire repose sur une surveillance constante des flux énergétiques de votre installation. Cet équipement électronique mesure en permanence la différence entre la production instantanée de vos panneaux photovoltaïques et la consommation de base de votre habitation. Dès qu’un écart positif apparaît, signalant un surplus disponible, le routeur redirige automatiquement cette énergie excédentaire vers la résistance du chauffe-eau plutôt que de la laisser s’échapper vers le réseau public.

Principe de l’injection du surplus photovoltaïque vers la résistance thermique

L’architecture électrique du routeur solaire s’intercale entre votre compteur de production et le circuit d’alimentation du cumulus. Le dispositif intègre généralement un capteur de puissance placé sur le câble de sortie de l’onduleur photovoltaïque, permettant une mesure précise du courant transitant vers le réseau. Lorsque ce flux devient positif, indiquant une production supérieure aux besoins domestiques, le routeur active progressivement la résistance du ballon d’eau chaude.

Cette injection se réalise de manière totalement transparente pour l’utilisateur. La résistance du chauffe-eau, habituellement alimentée durant les heures creuses tarifaires, reçoit désormais prioritairement l’énergie solaire gratuite pendant la journée. Le système préserve toutefois la programmation horaire classique comme solution de secours, garantissant la disponibilité d’eau chaude même lors de périodes peu ensoleillées. Cette double alimentation optimise l’utilisation des ressources énergétiques disponibles.

Régulation par contrôleur PWM et modulation de puissance progressive

Les routeurs solaires modernes exploitent une technologie de modulation de largeur d’impulsion (PWM) pour ajuster finement la puissance transmise à la résistance. Contrairement aux systèmes basiques fonctionnant en tout-ou-rien, cette approche permet d’exploiter même les surplus modestes. Si votre installation photovoltaïque ne génère que 500 watts excédentaires, le routeur n’injectera précisément que cette puissance vers le chauffe-eau, évitant tout soutirage depuis le réseau.

Cette régulation progressive présente un avantage considérable : elle maximise le taux d’autoconsommation en valorisant chaque watt disponible. Les études terrain démontrent qu’un système PWM bien calibré améliore l’autoconsommation de 15 à 25% comparativement à un simple contacteur jour-nuit. La résistance du ballon reçoit une alimentation proportionnelle

à ce surplus, sans provoquer de micro-coupures ni de sollicitations brutales. À la manière d’un variateur de lumière qui ajuste progressivement l’intensité d’une ampoule, le contrôleur PWM module la puissance envoyée à la résistance de chauffe. La température de l’eau monte ainsi de façon régulière au fil de la journée, en suivant le profil de production de vos panneaux. Cette approche limite également l’usure des composants électriques et améliore la durée de vie globale de votre installation.

Compatibilité avec les cumulus électriques monophasés et triphasés

La majorité des chauffe-eaux électriques domestiques en France fonctionnent en monophasé, avec une puissance unitaire comprise entre 1 500 et 3 000 W. Les routeurs solaires sont donc, par conception, optimisés pour ces cumulus standards : un seul circuit de puissance à gérer et un pilotage direct de la résistance. Dans ce cas, l’intégration se fait le plus souvent sans modification structurelle, en remplaçant simplement le contacteur heures creuses par le relais du routeur ou en l’ajoutant en parallèle avec une logique de priorité à l’énergie solaire.

Dans les habitations ou bâtiments alimentés en triphasé, le schéma est plus complexe. Deux cas principaux se présentent : chauffe-eau monophasé sur arrivée triphasée, ou ballon équipé d’une résistance triphasée. Certains routeurs spécifiques, ou systèmes de gestion d’énergie plus évolués, sont alors capables de mesurer le courant sur chaque phase via plusieurs pinces ampèremétriques et de répartir le surplus de manière équilibrée. Lorsque le ballon dispose d’une résistance triphasée, on privilégiera un modèle de routeur certifié pour ce type de charge, ou une adaptation par un électricien qui câblera la résistance en monophasé si le constructeur le permet.

Dans tous les cas, un point reste non négociable : respecter la puissance maximale admissible par le routeur solaire et par les conducteurs existants. Un ballon de 3 kW alimenté en monophasé sous 230 V nécessitera typiquement une section de câble de 2,5 mm² et une protection dédiée au tableau. Avant de valider votre projet, faites toujours vérifier la compatibilité de votre cumulus (thermostat mécanique, résistance blindée ou stéatite) avec le fabricant du routeur, les modèles dotés de cartes électroniques spécifiques (ACI, anti-corrosion intégrée) demandant parfois des précautions particulières.

Différences entre routeur solaire et système d’autoconsommation classique

Dans un schéma d’autoconsommation « classique », vos panneaux solaires injectent directement leur production sur le réseau domestique. Les appareils en fonctionnement consomment en priorité cette énergie, et le surplus éventuel est renvoyé vers le réseau public. Vous pouvez alors le vendre via un contrat de rachat ou, en l’absence de convention, l’injecter sans valorisation financière. Le pilotage reste passif : aucun équipement ne se déclenche spécifiquement pour absorber ce surplus au moment où il apparaît.

Le routeur solaire, lui, introduit une logique proactive. Dès qu’un excédent de puissance est détecté, il crée une « charge tampon » en activant la résistance du chauffe-eau. Autrement dit, il transforme votre ballon en batterie thermique, capable de stocker sous forme de chaleur plusieurs kilowattheures qui auraient autrement été exportés. Cette différence de philosophie change tout en termes de taux d’autoconsommation : là où un foyer sans pilotage se situe souvent autour de 30 à 40 %, l’ajout d’un routeur solaire permet fréquemment de dépasser 60 %, voire plus si le volume du ballon est bien dimensionné.

Autre distinction majeure : par rapport à un système avec batterie électrique, le routeur solaire ne stocke pas l’énergie sous forme chimique mais la valorise immédiatement sous forme de chaleur utile. Vous évitez ainsi le coût d’achat et de remplacement des accumulateurs tout en réduisant votre dépendance aux variations tarifaires du réseau. En revanche, le routeur ne peut rien faire pour vos consommations nocturnes hors eau chaude : il vient donc en complément, et non en remplacement, d’une stratégie globale d’optimisation énergétique.

Sélection et installation des équipements : routeurs MyLight systems, Solar-Router et alternatives

Comparatif des routeurs solaires ecojoko, comwatt et SDM630

Le marché du routeur solaire pour chauffe-eau s’est considérablement structuré ces dernières années, avec l’arrivée de solutions dédiées comme Solar-Router ou MyLight Systems, mais aussi de gestionnaires d’énergie plus globaux. Trois références reviennent souvent dans les projets résidentiels : les écosystèmes Ecojoko, Comwatt et les installations s’appuyant sur un compteur d’énergie type SDM630 associé à une logique domotique.

Ecojoko se distingue par une approche « tout-en-un » centrée sur l’accompagnement du foyer. Son assistant connecté surveille l’ensemble de la consommation, identifie le talon de base et pilote un contacteur intelligent relié au chauffe-eau ou à d’autres charges. L’avantage principal réside dans la simplicité d’usage et l’optimisation avancée : prise en compte de la météo prévisionnelle, des tarifs heures pleines/heures creuses, voire des offres dynamiques. Le routeur n’est plus un simple boîtier technique, mais une brique d’un véritable système de pilotage énergétique.

Comwatt propose une approche similaire, orientée gestion globale de l’autoconsommation. Son superviseur énergétique s’interface avec le Linky, les onduleurs et divers équipements pilotables (chauffe-eau, chauffage, piscine, borne de recharge). L’avantage : une grande compatibilité avec les installations photovoltaïques existantes et un monitoring détaillé. De son côté, le compteur SDM630 n’est pas un routeur à proprement parler, mais un compteur d’énergie triphasé utilisé comme base de mesure pour des solutions de gestion pilotées par des box domotiques (Jeedom, Home Assistant, etc.). Il s’adresse plutôt aux bricoleurs avertis et aux installateurs souhaitant concevoir une solution sur mesure.

Entre ces options, le choix dépendra de votre profil. Vous recherchez une solution « clé en main », avec application intuitive et recommandations personnalisées ? Un système type Ecojoko ou Comwatt sera plus adapté. Vous êtes accompagné par un installateur qui maîtrise la domotique et souhaitez une architecture très flexible et évolutive ? Un compteur SDM630 couplé à un routeur Solar-Router ou MyLight Systems peut offrir un niveau de personnalisation très élevé, au prix d’une configuration plus technique.

Dimensionnement du circuit électrique dédié et protection différentielle 30ma

L’installation d’un routeur solaire pour chauffe-eau ne se résume pas au simple ajout d’un boîtier ; elle implique un dimensionnement précis du circuit électrique dédié. Conformément à la norme NF C 15-100, le chauffe-eau doit être alimenté par un circuit spécialisé, protégé par un disjoncteur adapté à sa puissance (généralement 16 A ou 20 A pour une résistance de 2 à 3 kW) et relié à un dispositif différentiel 30 mA de type AC ou A selon le constructeur. Ce dispositif différentiel protège les personnes contre les fuites de courant vers la terre.

Lorsque l’on ajoute un routeur solaire, on intervient sur ce circuit existant ou on en crée un nouveau, selon la topologie du tableau. Il est essentiel de vérifier que la section des conducteurs (souvent 2,5 mm² pour un ballon jusqu’à 3 kW) est suffisante et que la réserve disponible dans le tableau permet l’ajout d’un module de commande supplémentaire (contacteur, relais statique ou module de pilotage). Un sous-dimensionnement du câblage ou une absence de protection différentielle adaptée peut entraîner des échauffements, des déclenchements intempestifs, voire des risques pour la sécurité des occupants.

Dans les installations plus anciennes, il n’est pas rare de découvrir des chauffe-eaux branchés sur des circuits partagés avec d’autres prises ou appareils, en contradiction avec les règles actuelles. Profiter de la pose d’un routeur solaire pour remettre le circuit du cumulus aux normes constitue donc une bonne pratique. Nous recommandons vivement de confier cette étape à un électricien qualifié, qui pourra vérifier le serrage des connexions, le calibre des protections et le bon fonctionnement du dispositif différentiel 30 mA avant la mise en service.

Raccordement au tableau électrique et configuration du délestage intelligent

Le raccordement au tableau électrique varie selon les modèles de routeurs, mais suit un principe commun : le boîtier doit « voir » le flux d’énergie global entre la maison et le réseau pour détecter précisément le surplus. Cela se fait généralement via une pince ampèremétrique installée autour du conducteur de phase principal (en sortie de compteur ou de disjoncteur de branchement). Le routeur compare ensuite cette mesure à la puissance consommée par le ballon pour ajuster l’injection.

Du côté puissance, le routeur est relié au circuit du chauffe-eau par l’intermédiaire d’un contacteur ou d’un relais de puissance. Certains boîtiers intègrent directement ce relais, d’autres ne fournissent qu’une sortie de commande basse tension qui pilote un contacteur modulaire distinct. L’objectif est de pouvoir couper ou moduler l’alimentation du cumulus sans intervenir sur les autres circuits du logement. Dans une logique de délestage intelligent, le routeur peut aussi tenir compte d’autres charges prioritaires (chauffage, pompe à chaleur, véhicule électrique) afin de ne pas dépasser la puissance souscrite.

Certains systèmes de gestion avancée (MyLight Systems, Comwatt, etc.) vont plus loin en intégrant une fonction de délestage global. En cas de pic de consommation proche de la puissance maximale de l’abonnement, ils réduisent automatiquement la puissance fournie au chauffe-eau, voire la coupent momentanément, pour éviter le déclenchement du disjoncteur principal. Vous bénéficiez ainsi d’un pilotage fin, qui maximise l’usage du surplus photovoltaïque tout en restant dans l’enveloppe de puissance disponible, sans avoir à souscrire un abonnement plus élevé.

Paramétrage du seuil d’injection et calibrage du capteur de puissance

Une fois le routeur raccordé, le paramétrage du seuil d’injection est une étape clé pour obtenir un fonctionnement optimal. Ce seuil correspond à la puissance minimale de surplus à partir de laquelle le routeur commence à alimenter la résistance du chauffe-eau. Un réglage trop bas peut entraîner de micro-appels de puissance au réseau en cas de variations rapides de la production ou de la consommation. À l’inverse, un seuil trop élevé laissera filer de nombreux petits surplus non exploités.

De nombreux modèles permettent de définir ce seuil entre 30 et 300 W. Dans la pratique, un compromis autour de 100 à 150 W offre souvent de bons résultats pour un foyer standard, en limitant les à-coups tout en valorisant les excédents. Le calibrage du capteur de puissance (pince ampèremétrique ou lecture via Linky) est tout aussi important : il doit être positionné sur le bon conducteur de phase, dans le bon sens, et associé au bon facteur de conversion dans le logiciel du routeur. Une mesure inversée peut par exemple faire croire au boîtier qu’il existe un surplus alors que la maison importe de l’énergie, avec à la clé un risque de soutirage non souhaité.

Pour vérifier la justesse du réglage, vous pouvez comparer, sur une journée ensoleillée, les données du routeur avec celles de votre onduleur et de votre compteur Linky en mode défilement. Si vous observez une injection résiduelle importante alors que le ballon est encore froid, cela signifie que le seuil d’injection est probablement trop élevé ou que la calibration de la pince est à revoir. Un bon installateur prendra le temps d’affiner ces paramètres avec vous pour coller au mieux à votre profil de consommation.

Optimisation du taux d’autoconsommation et pilotage intelligent de la production solaire

Stratégies de chauffe en heures creuses versus injection solaire en journée

Historiquement, les chauffe-eaux électriques sont pilotés par un simple contacteur heures creuses, qui déclenche la chauffe durant la nuit, lorsque le prix du kWh est plus bas. Avec l’arrivée du photovoltaïque, ce schéma doit être repensé : le soleil produit en milieu de journée, alors que le chauffe-eau ne fonctionne plus. Vous avez alors le choix entre deux stratégies principales : privilégier l’injection solaire en journée ou maintenir une partie de la chauffe en heures creuses, voire combiner les deux intelligemment.

Dans une approche 100 % solaire, le routeur chauffe l’eau au maximum avec le surplus de production diurne. Le contacteur heures creuses est désactivé ou relégué au rang de secours exceptionnel (par exemple une fois par semaine pour garantir la température anti-légionelles de 55 à 60 °C). Cette stratégie est idéale si votre installation photovoltaïque est suffisamment dimensionnée et que votre consommation d’eau chaude est stable. Vous valorisez alors chaque kilowattheure solaire pour réduire d’autant vos achats sur le réseau.

Si votre puissance photovoltaïque est plus modeste ou votre consommation d’eau chaude très variable, une stratégie mixte peut s’avérer plus pertinente. Le routeur couvre une partie significative des besoins en journée, et les heures creuses complètent éventuellement la chauffe lorsque le ballon n’a pas atteint la température cible. En arbitrant entre le coût de l’heure creuse et la probabilité d’ensoleillement le lendemain, vous pouvez trouver un équilibre économique intéressant. Là encore, les solutions intelligentes comme Ecojoko ou Comwatt, capables d’anticiper la production solaire et de tenir compte des tarifs, prennent tout leur sens.

Monitoring temps réel via applications tuya, home assistant et jeedom

Pour aller plus loin que le simple pilotage automatique, de nombreux utilisateurs souhaitent visualiser en temps réel ce qui se passe dans leur installation : combien de puissance produisent les panneaux ? Quelle part est consommée par la maison, dirigée vers le chauffe-eau ou injectée sur le réseau ? C’est là qu’interviennent les plateformes de monitoring et de domotique comme Tuya, Home Assistant ou Jeedom.

Certains routeurs solaires sont nativement compatibles avec ces écosystèmes, via Wi-Fi, Modbus ou API locales. Vous pouvez alors intégrer les données du routeur dans un tableau de bord unifié, aux côtés des informations de votre onduleur, de votre compteur Linky et de vos autres objets connectés (thermostats, prises intelligentes, capteurs de température). L’interface graphique vous permet de comprendre en un coup d’œil comment se répartit l’énergie dans votre logement et d’identifier les marges d’optimisation possibles.

Avec Home Assistant ou Jeedom, il est même possible de créer des scénarios de pilotage avancés : par exemple, n’autoriser la chauffe du ballon par routeur solaire que lorsque le niveau de batterie domestique dépasse 70 %, ou lancer la pompe de piscine uniquement lorsque le ballon est déjà chaud et que le surplus persiste. Tuya, de son côté, rend accessible ce type de scénarios au grand public via une application mobile conviviale. Vous transformez ainsi votre routeur solaire en véritable chef d’orchestre énergétique, coordonné avec le reste de votre maison connectée.

Couplage avec batterie virtuelle et gestion des excédents photovoltaïques

Même avec un routeur bien réglé, il restera parfois des excédents photovoltaïques non valorisés : ballon déjà à température, absence de besoins supplémentaires en journée, météo très favorable… Pour ces situations, certaines offres d’autoconsommation avec batterie virtuelle viennent compléter intelligemment le dispositif. Le principe ? L’énergie injectée sur le réseau à un instant T n’est pas perdue : elle est créditée sur un « compte énergie » chez votre fournisseur, que vous pouvez ensuite consommer plus tard sous forme de kilowattheures facturés à un tarif préférentiel.

Le couplage routeur solaire + batterie virtuelle permet alors de hiérarchiser les usages. D’abord, on maximise l’autoconsommation locale via le chauffe-eau et, éventuellement, d’autres charges pilotées (chauffage d’appoint, piscine, etc.). Ensuite, le surplus résiduel est valorisé via la batterie virtuelle, plutôt que vendu à bas prix ou injecté gratuitement. Vous profitez ainsi à la fois des avantages de la « batterie thermique » (eau chaude) et d’un stockage différé sur le réseau, sans investir dans une batterie physique coûteuse.

Certains gestionnaires d’énergie, comme ceux évoqués plus haut, peuvent intégrer cette logique dans leurs algorithmes. Ils arbitrent en permanence entre autoconsommation immédiate, valorisation via batterie virtuelle et, le cas échéant, recharge d’une batterie domestique réelle. Vous gagnez ainsi en flexibilité et en résilience, tout en gardant la maîtrise de votre facture énergétique.

Calcul du retour sur investissement et économies réelles sur la facture énergétique

Pour évaluer l’intérêt économique d’un routeur solaire pour chauffe-eau, il est utile de poser quelques chiffres. Prenons l’exemple d’un foyer de quatre personnes, équipé d’un ballon électrique de 200 litres consommant environ 3 000 kWh par an. Au tarif moyen de 0,25 €/kWh, la facture d’eau chaude s’élève à 750 € par an. Si votre installation photovoltaïque produit un surplus de 1 500 à 2 000 kWh par an, que vous vendriez sinon à 0,10 €/kWh ou moins, le routeur permet de convertir cette énergie en économie directe sur votre facture.

En valorisant 1 500 kWh de surplus pour l’eau chaude, vous évitez l’achat de 1 500 kWh au prix de 0,25 €/kWh, soit 375 € d’économie annuelle. Sans routeur, la vente de ce surplus vous rapporterait environ 150 € (à 0,10 €/kWh), soit un gain net de seulement 225 €. On voit bien ici l’écart : chaque kilowattheure autoconsommé vaut 2 à 3 fois plus que le même kilowattheure revendu. Avec un routeur solaire dont le coût installé se situe entre 400 et 800 € selon la complexité du projet, le retour sur investissement se situe typiquement entre 2 et 4 ans.

Au-delà de ces calculs bruts, il faut aussi considérer les hausses régulières du prix de l’électricité. En sécurisant une partie de vos besoins en eau chaude grâce au solaire, vous vous protégez partiellement contre ces augmentations futures. Le routeur améliore également le bilan carbone du foyer en substituant une énergie renouvelable locale à une électricité réseau encore largement carbonée à l’échelle européenne. Enfin, un système bien dimensionné et bien documenté peut valoriser votre bien immobilier, en particulier si vous envisagez une revente à moyen terme.

Démarches administratives et conformité avec enedis pour l’autoconsommation avec surplus

L’ajout d’un routeur solaire ne dispense pas de respecter le cadre réglementaire applicable aux installations photovoltaïques raccordées au réseau. En France, toute injection d’électricité, même en faible quantité, doit faire l’objet d’une convention avec Enedis ou le gestionnaire de réseau local. Dans le cas de l’autoconsommation avec injection du surplus, vous devez établir une Convention d’Autoconsommation avec Injection (CACSI) et, le cas échéant, un contrat de rachat si vous vendez ce surplus à un fournisseur agréé.

Si vos panneaux sont déjà en service, l’installation d’un routeur solaire ne modifie pas la puissance installée ni le schéma de raccordement principal. Il n’est donc généralement pas nécessaire de déposer une nouvelle demande de raccordement, à condition que les travaux restent confinés au tableau électrique intérieur. En revanche, toute modification importante (augmentation de puissance, ajout d’un second onduleur, passage en triphasé) devra être déclarée à Enedis, et pourra nécessiter un nouveau passage du Consuel pour attester de la conformité électrique.

En matière de sécurité et d’assurance, veillez à choisir un routeur solaire conforme aux normes en vigueur (marquage CE, respect de la NF C 15-100) et à faire réaliser l’installation par un professionnel qualifié, idéalement labellisé RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) si l’intervention s’inscrit dans un projet global de rénovation énergétique. En cas de sinistre, votre assureur pourra exiger les preuves de conformité des équipements ajoutés. Conserver les schémas de câblage, les attestations de mise en service et les factures d’installation est donc une précaution indispensable.

Maintenance préventive et dépannage des dysfonctionnements du routeur solaire

Comme tout équipement électronique, un routeur solaire pour chauffe-eau nécessite un minimum de maintenance préventive pour garantir sa longévité et ses performances. La bonne nouvelle, c’est que cette maintenance reste légère. Une fois par an, profitez par exemple du contrôle de votre installation électrique pour vérifier visuellement le boîtier du routeur, l’état des câbles et le serrage des borniers. Un simple dépoussiérage de l’appareil et du tableau, dans le respect des règles de sécurité (coupure de l’alimentation), suffit généralement.

Il est également recommandé de contrôler régulièrement les données de production et de consommation via l’interface du routeur ou l’application associée. Si vous constatez que le chauffe-eau consomme à nouveau principalement la nuit en heures creuses, ou que le taux d’autoconsommation chute sans raison apparente, cela peut indiquer un dysfonctionnement : pince ampèremétrique déplacée, sonde de température défaillante, paramétrage perdu après une coupure de courant prolongée. Une alerte sur la température du ballon (eau insuffisamment chaude) doit aussi être prise au sérieux pour éviter tout risque sanitaire lié à la légionellose.

En cas de panne manifeste (routeur éteint, chauffe-eau qui ne chauffe plus en journée malgré le soleil, déclenchement répété du disjoncteur), commencez par vérifier les points les plus simples : présence de tension au tableau, position des disjoncteurs et du différentiel, état des voyants du routeur et du thermostat du ballon. Si le problème persiste, il est prudent de faire appel à l’installateur ou au service après-vente du fabricant, plutôt que de tenter des réparations hasardeuses. Un diagnostic professionnel permettra de trancher entre une défaillance du routeur, un souci sur la résistance du cumulus ou un problème plus global sur l’installation photovoltaïque.

Enfin, n’oubliez pas que les besoins et les configurations évoluent : ajout de panneaux, remplacement du ballon, changement de contrat d’électricité… Profitez de ces moments pour faire un bilan de votre système de pilotage solaire. Une simple mise à jour logicielle, un recalibrage des seuils d’injection ou l’ajout d’un second appareil piloté (radiateur, piscine, etc.) peuvent suffire à redonner un coup de fouet à votre taux d’autoconsommation et à prolonger la rentabilité de votre investissement dans le temps.